Notre cœur est lourd des coups, de la souffrance, la détresse, l’agonie, l’abandon, que Madame Pouezevara a subis, ici à son domicile. Nous voulons à son souvenir, devant ces insupportables violences et cet ignoble traitement dont elle a été victime, signifier toute notre compassion et notre tristesse.

Nous pensons aussi à sa famille, ses proches, les personnes qui l’ont connue, ont partagé sa vie.

 

Et nous, nous sommes voisines, femmes du quartier et défendons les droits des femmes, tous les droits humains ici comme partout. Un tel traitement ignoble nous accable, nous indigne.

 

Nous refusons de faire silence et de passer notre chemin. Cet abandon, cette chosification dont Madame Pouezevara a été victime dans toute leur cruauté et leur inhumanité, nous percutent et nous convoquent à  venir ici auprès de chez elle, nous rapprocher d’elle, en pensée, au moins maintenant.

 

Toutes les femmes subissent en tant que femmes des violences par des hommes.

 

Des hommes tuent, frappent à mort des femmes : en France, un féminicide tous les 2 jours et demi. Nous ne pouvons le tolérer,  nous avons une responsabilité, nous avons notre part à prendre, à faire ; clamer notre indignation,  secouer le silence assourdissant,  la tolérance, l’indifférence  à cette terreur.

 

Nous souhaitons par un geste ce soir,  ici,  par notre parole,  nos pensées, marquer notre compassion envers Madame Pouezevara  et restaurer toute son humanité.

 

Signé : Femmes solidaires - Comité de Nantes-Comité départemental 44  et Emulsion.

 

Lecture Nantes, le 10 janvier 2017